Rédigé le 1er juillet 2019

Par Sup de Pub

Bien que tous les apprentissages soient utiles et intéressants, il est des cours qui marquent les étudiants plus que d’autres. L’introduction à l’Intelligence Artificielle que Jimmy Brumant a donné cette année aux étudiants de Master II Data et Marketing Digital.

L’objectif était de pouvoir créer sa première IA en 12 heures et en partant de zéro. Pour faire cela, une explication de son fonctionnement, son histoire et ses enjeux s’imposait pour démystifier ces outils et faire comprendre aux étudiants que l’IA aide déjà dans beaucoup de tâches et que les innovations qui arrivent peuvent être imaginées, voire implémentées, par eux-mêmes.

Les étudiants ont fait l’exercice d’imaginer qu’elles parties de leur métier actuel pourrait être remplacé par une IA à terme. Ils ont ensuite créé une IA basée sur les données des passagers et survivants du Titanic. Ils ont participé à une compétition en ligne où il fallait utiliser son algorithme pour prédire ceux qui survivraient ou pas lors du naufrage du célèbre paquebot.

L’objectif était de leur donner des outils de prototypage pour faire des preuves de concept le lendemain au bureau.

Découvrez l’interview de Dylan Bodoin

Impliqué et passionné par cette problématique, Dylan Bodoin a utilisé ce qu’il avait appris au sein de Sup de Pub pour créer une IA dans son entreprise actuelle.

Florian (ci-après F) : Dylan, est-ce que tu connaissais l’IA avant ce cours ?

Dylan (ci-après D) : Si je disais que je connaissais l’IA ça serait vous mentir, mais en tant qu’étudiant passionné du monde du digital j’ai bien évidemment lu beaucoup de choses sur ce sujet et je pense qu’en arrivant dans le cours de Jimmy j’avais des connaissances mais une vision un peu biaisée par les films et séries qu’on peut nous proposer aujourd’hui.

F : Qu’est-ce qui t’a plu dans l’approche de l’IA de Jimmy ? 

D : Si je devais retenir une seule chose de ce cours c’est qu’il nous a permis de nous projeter dans l’application de l’IA dans nos métiers et futures activités. Les premières heures de théories nous permettent de bien comprendre comment cela fonctionne et donc de mieux se rendre compte de ce qu’il est possible de réaliser.

C’est surtout cet aspect qui m’a permis de me sortir de toutes les idées un peu “abusées” que j’avais sur le sujet dignes d’épisodes de Black Mirror et de me dire que c’était plutôt logique, accessible et surtout qu’on allait pouvoir faire évoluer plein de choses dans la vie de tous les jours, et dans nos métiers.

F : Et tu as tout de suite pensée à une application dans ta vie professionnelle ?

D : C’est littéralement la première chose qui m’est venu en tête : l’IA permet de faciliter des tâches longues, répétitives, ou permet de voir certaines choses (sur des travaux d’analyses par exemple) que nous ne sommes incapables de voir en tant que simple être humain. On a tous ce genre de problématiques dans nos jobs aujourd’hui.

F : Au final qu’as-tu créé pour ton entreprise et est-ce que ça fonctionne ?

D : Aujourd’hui je suis Consultant Inbound Marketing pour Nile une Growth Agency pour l’industrie, je suis en charge du marketing de l’agence, et donc de développer son business. Chez Nile, chaque collaborateur travaille tous les trimestres sur ce qu’on appelle un Challenge, c’est tout simplement un projet focus sur une problématique de l’agence (Marketing, Commerciale, Fidélisation…) et doit y apporter une solution, proposer quelque chose de nouveau, d’innovant et de voir quel impact cela engendre sur le business de l’agence.

Une des problématiques d’une agence comme Nile qui génère près de 200 nouveaux contacts par mois, c’est l’engagement de la base de données, une part importante des contacts arrêtent de vous suivre, ils ne lisent plus vos newsletters, ne consultent plus votre site. Pour traiter cette problématique, j’ai décidé d’utiliser Dataiku un logiciel vu avec Jimmy qui permet de faire du machine learning.

Dans les grandes lignes Dataiku permet d’apprendre à des algorithmes à faire certaines choses en lui fournissant de la DATA. Par exemple moi, j’ai exporté ma base de données de contacts engagés et l’ai fait analyser par l’algorithme de Dataiku, pour lui apprendre ce qu’est un contact engagé et qu’il comprenne quels sont leurs points communs.

Une fois que l’algorithme a déterminé les critères qui faisaient que ces contacts étaient engagés, je lui ai soumis ma base de données de contacts non-engagés ce qui m’a permis de faire une prédiction sur ces contacts et savoir lesquels pouvaient plus facilement être réengagés et donc de pouvoir cibler les bons contacts et de la meilleure des manières.

F : Très bien, pour finir, est-ce que tu aurais un conseil à donner à ceux qui sont intéressés par le domaine ? Ou au contraire, ceux qui sont effrayés par l’IA et ce que l’on entend souvent, à savoir « la perte d’emploi inhérente à son utilisation » et « le contrôle des machines ».

D: Je pense que tout le monde devrait se renseigner sur le sujet, c’est plus que notre avenir puisque nous utilisons déjà de l’IA aujourd’hui et elle sera de plus en plus présente et les personnes qui ont peur de cette technologie sont souvent celles qui ne se sont pas informées.

En termes d’emploi, c’est sûr que cela va changer beaucoup de choses puisqu’on va pouvoir automatiser des tâches longues, répétitives… Mais cela va surtout permettre de décharger des employés de certaines tâches pour pouvoir les faire travailler sur des missions avec une plus grande valeur ajoutée, les rendre plus polyvalents.

C’est une destruction créatrice qui tend vers une montée en compétence globale dans tous les emplois et secteur d’activités. C’est quelque chose que je vois tous les jours au travers de mon travail chez Nile puis que nous travaillions avec des PME industrielles, l’usine du futur l’industrie 4.0 on est en plein dedans et le “travail à l’usine” n’est plus ce qu’il était autrefois, les temps de modernes de Charlie Chaplin ce n’est plus la réalité, avec la robotique, l’IA, les usines sont connectées et les opérateurs ont des tâches beaucoup moins contraignantes et plus de responsabilités.

Pour finir sur ce sujet, les évolutions technologiques comme l’IA ont transformé de nombreuses tâches comme on le voit dans les usines connectées et au final sur des métiers liés à la production industrielle nous atteignons un haut niveau d’avancement technologique !

Paradoxalement, ce sont les métiers du marketing de la communication et des ventes qui sont les plus en retard. Chez Nile, on dit souvent qu’à l’heure de l’industrie 4.0, de l’intelligence artificielle de la robotique, on continue à vendre des produits et services innovants avec des méthodes du siècle dernier. Il reste donc énormément de travail et la mutation risque de prendre encore un peu de temps, mais elle ne peut qu’être positive si on pense intelligemment cette transformation et qu’on l’oriente autour d’une implication positive de l’humain.

F : Merci pour ces réponses Dylan.

D : De rien IA pas de quoi !